Immortelles Mélodies - Grégory Ott

« Il était une fois… » Quatre mots suffisent à suspendre le temps. Ils ouvrent les portes de l'imaginaire et invitent à croire qu'une histoire va naître. À l'église d'Ohlungen, dans le cadre du festival Les Sacrés Vendredis de la Klose, Gregory Ott s'empare de cette promesse pour entraîner son public dans un voyage où le cinéma s'efface peu à peu derrière la musique.

Avec Immortelles Mélodies, le pianiste ne rend pas simplement hommage à Nino Rota et Ennio Morricone. Il tisse entre leurs œuvres des passerelles d'une infinie délicatesse. Les thèmes s'entrelacent, se répondent, se prolongent jusqu'à faire oublier leurs frontières. À partir de deux écritures singulières semble naître une œuvre nouvelle, où l'on reconnaît la voix de chacun sans jamais pouvoir dire où s'achève l'une et où commence l'autre.
Au fil de son récit, Grégory Ott met en parallèle les destinées des deux compositeurs et celles des cinéastes qui leur confièrent leurs plus belles émotions. La Dolce Vita, Rocco et ses frères, Le Parrain, Cinema Paradiso... Les images traversent les mémoires avant de s'effacer doucement, laissant les mélodies reprendre leur liberté. Sous ses doigts, le piano ne raconte plus les films ; il raconte ce qu'il en demeure lorsque le temps a passé : une émotion intacte.
Le public quitte alors les rivages de la nostalgie pour entrer dans un territoire plus intime, celui où la musique devient mémoire. Chaque note semble éclairer un souvenir enfoui, chaque silence ouvre un espace où chacun retrouve sa propre histoire.

Puis le piano se tait. Pas tout à fait. Il laisse dans le silence cette vibration imperceptible qui accompagne les histoires que l'on n'oublie jamais. Le public quitte l'église à pas feutrés, comme on referme un livre aimé, avec le secret espoir d'en entendre, un jour, les premières paroles : « Il était une fois… »