Vibration(s) 2025 : Jonathan Fournel et le Trio Arnold

Quand la musique retient son souffle

Ce dimanche 19 octobre, la MAC de Bischwiller a refermé l’édition 2025 du Festival Vibration(s) sur un moment d’épure et de grâce. Dans un silence recueilli, le pianiste Jonathan Fournel, médaille d’or du Concours Reine Elisabeth, retrouvait la scène aux côtés du Trio Arnold, élargi pour l’occasion à Élise Liu au violon et Laurène Durantel à la contrebasse. Une constellation d’artistes unis par une même respiration.

En ouverture, le Quatuor pour piano et cordes en la majeur, opus 30 d’Ernest Chausson — œuvre de la maturité, composée en 1897 — s’est déployé dans toute sa clarté formelle et sa profondeur émotionnelle. Quatre mouvements comme quatre paysages intérieurs : ferveur, recueillement, fluidité, élan. Sous les doigts de Fournel et les archets du quintette, cette partition lumineuse a trouvé un équilibre rare entre tension et apaisement.

Puis vint Chopin. Son Concerto pour piano n°2 en fa mineur, opus 21, transfiguré dans sa version pour quintette à cordes, fit vibrer la salle d’un lyrisme incandescent. Composé à dix-neuf ans, le concerto porte déjà la fougue et la tendresse du jeune génie polonais. Fournel y déploya un jeu d’une pureté bouleversante : Maestoso ardent, Larghetto presque amoureux, Allegro vivace irradiant de liberté.

Dans cette communion prodigieuse entre piano et cordes, la musique semblait respirer d’un seul souffle. Chaque nuance trouvait sa place, chaque silence sa densité. Quand la dernière note s’éteignit, la salle demeura suspendue, comme traversée d’un éclat de beauté.

Ainsi s’acheva Vibration(s) 2025 : sur un instant de lumière pure, où la musique, une fois encore, nous rappela qu’elle est ce lieu secret où le monde se tait pour mieux s’unir.